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Du 17 au 24 septembre 2007
 

17 septembre

Nous reprendrons notre route vers 10 heures sous le soleil de l'été indien.
Je savoure ces premiers kilomètres de la journée mais ressens une tension intérieure qui fait basculer mes pensées dans une sorte de nostalgie quand soudain, un klaxon retenti avec force derrière nous.
Une grosse Mercédès nous double et se range sur le côté. Deux énergumènes en sorte avec leurs appareils photos tendu devant eux. Je m'arrète donc une fois arrivé à leur hauteur et nous poserons volontiers et repartirons sous leur yeux ébahis: ils nous avaient croisé quelques jours plus tôt à 300 km d'ici.

Nous croiserons de fantastiques paysages montagneux très reculés où la civilisation ne s'est jamais vraiment installé. Comme l'impression d'être seul au monde.
le tempsfinira par se refroidir avec l'altitude. Nous déjeunerons rapidement un morceau de pain en haut d'un col avant de repartir pour finir notre étape à Loja à la caserne qui comme à l'acoutumé en erspagne, nous accueillera comme il se doit.

18 septembre:

Nous sommes parés et très exité de repartir car nous allons retrouver un ami à Malaga. Un ami que l'on a pas encore vu puisqu'il s'agit d'une relation d'Antoine, le pompier de Alzira près de Valence.
Il est président de "Bomberos sin Fronteras" (Pompier sans frontières) et nous attendra avec impatience. Malheureusement, il dû l'être patient. En effet, comme d'habitude le chemin de service longeant l'autoroute est impraticable et les pompiers de loja nous conseillerons un itinéraire ne figurant pas sur les cartes. Il s'agit d'une ancienne route. Certes tranquille car fermé à la circulation. Mais ils avaient homis de nous dire que le passage en question dépassait les 24 pour cent. A deux, en poussant le vélo de toute nos force, il nous arrivait de reculer en essayant d'avancer. Un calvaire qui dura une heure pour faire deux malheureux kilomètres. Et ce n'était pas fini car une longue corniche surplombant la vallée nous attendait par la suite. C'est avec beaucoup de retard et lessivé que nous rejoindrons Manuel après une étape très difficile.
Il nous accueilli à bras ouvert et son français est parfait. Après une visite de la ville et la rencontre du chef de centre de l'une des cinq casernes où nous serions logés, il nous invita à manger au restaurant des spécialités locales qui furent un délice. Il remua ciel et terre pour nous, un deuxième Marius mais en Espagne. c'est d'ailleurs lui qui avait arrangé plusieurs de nos accueils car il était en contact permanent avec Antoine. C'est une superbe soirée que nous passâmes avec lui et sa famille.

19 septembre:

Une journée de repos nous attend aujourd'hui et Manuel mettra un point d'honneur à nous prendre en charge toute l'après-midi et nous invita une seconde fois au restaurant. Merci beaucoup, on restera en contact pour longtemps encore je pense.


20 septembre:

Un grand article dans le journal de Malaga fait de nous des stars au petit déjeuner. Moment sympa qui nous fait oublier que la fin est proche, toute proche. En effet, 4 étapen nous séparent de Gibraltar soit un peu moins de 200 km. Et la route sera la plus dangereuse du périple. Cette côte étant très réputé et prisé par les jet setteur, bolides en tout genre passe à des vitesse folle sur une route à deux voies sans bande d'arrêt d'urgence. Avec la mer sur notre gauche, nous passerons une journée angoissante comme il nous était plus arrivé depuis l'Italie. Sans compter les crevaisons du vélo qui nous immobilisèrent sur le bord.
Nous arriverons à Mijas après une petite étape mais éprouvante. L'accueil fut très chaleureux par les pompiers qui perçurent bien notre stress. Ils nous préparèrent quelquechose à manger mais durent partir en intervention. Par politesse, nous ne voulions pas y toucher mais c'est plus de 2 heures après qu'ils rentrèrent étonnés que nous n'ayons rien mangé. C'est donc avec appétit que nous finîmes par manger ensemble.

21 septembre:

Après quelques kilomètres escorté par les pompiers de Mijas, nous nous retrouvions seuls sur cette autoroute du soleil face aux même dangers que la veille. Après quelques frayeurs, Je dis à Laëtitia de rappeler les pompiers afin qu'ils la dépose à Marbella, arrivé de cette étape tandis que je courrai de l'autre côté de la balustrade.
Après 30 kilomètres, je vis Laëtitia me dépassé en 4 x4 au giro bleu. Je finis par arriver deux heures plus tard, lessivé par la chaleur et le manque de boisson. En effet, Laëtitia avait emporté l'essentiel de la boisson.
La caserne de Marbella étant située sur le bord de la route, je n'eu aucun souci pour la trouver et fut même heureux de constater que ça ne me rallongera pas la route le lendemain.

22 septembre:

La route d'aujourd'hui nous ménera à 50 km de Gibraltar. Nous devrions le voir à notre arrivée d'étape à Estepona. Nous serons attendu à la caserne qui sera notre dernière caserne du périple.
Les sentiment se mèlent et nous ne savons plus quoi penser. A la fois heureux d'être là et triste que tout se termine.
Les mots nous manquent et je ne sais quoi dire aujourd'hui si ce n'est que nous allons faire un jour de repos car nous avons un peu d'avance. Etant parti très tôt, c'est vers trois heure que nous arriverons malgré la rupture de l'attache de la remorque. C'est déjà super qu'elle ait tenu jusqu'ici! et mes parents que je n'ai pas vu depuis Paris nous rejoindront vers 17 h.

Après avoir traversé la France te l'Espagne en voiture, ils sont heureux de nous retrouver et nous aussi d'ailleurs. Ces derniers mois, nous avons eu l'occasion de leur fait pousser les cheveux blancs et ça les soulage de savoir que nous sommes là.

Je suis fatigué mais 1 heure plus tard, Nous avons la surprise de voir la mère et la soeur de Laëtitia débarquer à Estepona. Laëtitia a du mal à contenir ses larmes car il n'était pas prévu qu'elles soient là et ça l'avait déçu. Mais Laëtitia en avait bien besoin. C'est finalement quelques kilomètres plus haut que nous allions passer la nuit et la journée du lendemain dans l'appartement loué par mes parents. Dernier confort du périple avant la charge finale. On voit très bien ce rocher sorti de terre on ne sait comment et c'est impressionnant. C'est là qu'on va et que tout se termine...

24 septembre 2007: L'ARRIVEE:

Après de multiples préparatifs, et vu l'état de la remorque, c'est sans celle-ci que Laëtitia ira à Gibraltar. Je file comme un bolide en ayant constament le rocher de visu. J'ai une pêche d'enfer et évite de penser. Je me contente de courir, c'est ce que je fais le mieux finalement. Laëtitia me suit sans dire un mot non-plus. Je sens pourtant sur son visage qu'elle doit sans doute penser plus que moi. Nous ne sommes plus qu'à 20 kilomètres lorsque Delta FM nous appelle pour une interview en direct. N'étant pas dans un endroit assez calme pour entendre, c'est dans les toilette d'une station service que nous nous réfugions en répondant sérieusement aux questions avec la chasse d'eau comme bruit de fond.

Nous repartirons ensuite vers la linéa de la conception, frontière avec Gibraltar où nous attendent les militaires afin de nous accompagner à Europa Point.

Le rendez-vous devait avoir lieu au Mac Donald situé juste à la frontière. Nous y arrivons assez rapidement mais mes parents n'y sont pas. Inquiet, j'appelle mais un coup de fil de Gibraltar me demande de venir tout de suite. Nous prenons donc la direction du poste frontière quand nous voyons finalment arriver tout le monde. après une rapide discussion nous passons ensemble la frontière ou un comité d'accueil nous attend. très vite, on se mets en route au grand dam de ma mère souhaitant nous accompagner et qui ne peut suivre cette cadence d'enfer. Je crois qu'ils ont dû "oublier" que je viens de courir 45 km avant. Cependant, sous le coup de l'euphorie sans doute, je n'ai aucun souci particulier à plus de 16 km/h. C'est peut-être un test?

Ce long cheminement où nous traversons plusieurs tunnels escorté par la police ressemble à un cortège diplomatique. Certains des coureurs auront du mal à suivre et à entendre la cadence de respiration de certains, je doute qu'ils soit vraiment à l'aise. Pourtant, ils continueront sur ce rythme qui finalement m'accomode bien sauf Laëtitia qui est souvent bousculée.

Un virage à droite puis un à gauche et nous arrivons sur une grande esplanade ou la terre s'arrête. Je ne sais pas ce qui se passe et tout le monde s'arrête de courir en applausissant. C'est déjà fini?
Laëtitia s'arrête, me regarde puis je l'aide à monter les quelques marches qui nous sépare de la stèle d'Europa Point. Puis elle fond en larme....
Le gouverneur de Gibraltar et la télé locale nous attendent et nous donnons une interview puis nous recevons le cristal représentant le rocher.

Nous regardons vers l'horizon et apercevons un bout de terre en face de nous, le Maroc.

On se regarde et....si on continuait. Tiens! Un arc-en-ciel.....


Du 11 au 15 septembre 2007
 

Mardi 11 septembre

Il est 7h30 et nos affaires sont prêtes depuis hier soir.

Nous nous sommes organisés comme la veille de notre grand départ du 6 janvier dernier. Comme si nous nous engagions dans notre dernière aventure.
Trois jours en semi-autonomie avant de filer direction Gibraltar de caserne en caserne. Antonio s'est mobilisé jusqu'au bout.

Il faut absolument partir tôt car 58 km nous attendent de Caravaca à Puebla de Don Fabrique.
"58 d'ascesion nous assurent les pompiers !". De plus la météoprévoit des orages en montagne de force 3.

Il est donc 9h12, deux kilomètres pour descendre du village qui nous a accueilli et fait partager des moments de joyeudrie.
Et c'est parti, 123 4 et 123 4 et lève les g'noux, lève les g'noux, lève les g'noux, lève les g'noux...

10km/h, Sylvain m'aide avec ardeur. Quatre, cinq, six et huit, neuf, nous franchissons notre montagne. Nous sommes sur notre premier plateau, le payasage est merveilleusement naturel.Soit des champs de blé fauchés, des pins verts foncés, des maisons de pierres, des falaises de marbre. Brute, la nature est belle. C'est comme cela que je l'aime. Un air d'Ouest Américain!
Le ciel se fait plus dense de gris nuageux.

Dix, onze, douze, le village de Manuel, Barranda. Un patelin, une rue, une côte, les platanes énormes jalonnent son entrée comme des gardiens centenaires d'une ville où tout est resté de tradition.

Vingt, une église. Rien à part des cailloux autour et une station service prévue dans 12 kilomètres. Sur les marches du parvi, reste de sandwich d'hier, figues d'il y a 4 ou 5 jours extra mûres, extra savoureuses.
On regarde les camions passer. Les camions nous regardent manger. Rien d'autre à voir ici, nous sommes sur notre deuxième plateau, on y voit à plus de cent kil ! Champs ou desert à perte de vue.

Trente et un, trente deux, El Moral, dernière ville (lieu dit) avant notre fin d'étape. Ca monte toujours mais on s'accroche.
Sylvain inébranlable, court et pousse. Il le fait depuis plus de 10 000 km. Qu'en pensez-vous? Moi, je l'ai vu faire et trouve cela remarquablement extra-ordinaire. Je l'ai vu faire mais ne sais toujours pas comment il y ait parvenu. Il vous répondra du tac au tac "en mettant un pied devant l'autre" mais sait qu'il y a autre chose!!!

Nous sommes à 50 km et ce "mal del tarro" accélère. Aurait-on implanté une pile nucléaire dans le corps de cet homme. Non, "sans nul doute l'un des plus grands sportifs du monde" d'après le reporter de la chaine de télévision espagnole.

Quant à moi, j'en ai raz le bol. J'ai mal aux genoux qui me brûlent, fichues tendinites. Il fait lourd puis quand le terrain est plat et venteux, j'ai froid et puis j'ai soif. J'en ai marre de boire chaud jour après jour.

Et lui, rien. Il court à 12 km/h, il pousse la remorque, le vélo et moi dessus. Il boit chaud aussi mais avance inexorablement.
Tandis que pour la première fois depuis Dunkerque, je pause pied à terre dans une montée.
Sylvain se fâche un peu, me secoue les puces.
"Pourquoi s'arrêter lorsqu'on est plus qu'à 8 bornes de la fin?"

Mais le téléphone sonne. Message d'Henri, le président de notre association. "J'ai reçu les dernières infos, nous avons atteint le chiffre des 10 000 km achetés du projet Cap Nord-Gibraltar. De nous tous, BRAVO!"

SILENCE
FAUT-IL RIRE OU PLEURER ?

Nous espérions tellement plus. Pas de doute à avoir...
C'est une réussite, nous sommes heureux et nos familles aussi ainsi que les enfants qui ont pu et ceux qui pouront rêver éveillés.

C'est ainsi que
Sylvain et Laetitia Dessailly s'envolent dans la dernière ascension de l'étape du jour.
En haut de la montagne, on peut voir le village dans la vallée, derrière celle-ci les montagnes de la Sierra de Segura splendides, des airs de Arches.

Nous trouvons l'auberge, il est 16h15.
Une étape éclair, pleine de rage, de puissance, de foi et d'humilité face à ces grands espaces.

Un repos divain nous attend.

Mercredi 12 septembre

Aujourd'hui, l'étape ne doit faire que 35 kilomètres, nous nous laissons donc dormir jusqu'à 10h00.

Nous quittons Don Fabrique, perché à 1100 mètres entre deux majestueuses montagnes. La route comme un serpent tobbogan, dévalle d'entre ces deux belles grandes. Une fois en bas, c'est Monument Valley qui s'offre à nous."Mon Ange, on avait même pas réalisé avoir traversé l'Atlantique."

Nous ne cessons et n'avons pas cessé depuis le début de l'aventure de nous parler. Les kilomètres "se courent plus vite" de cette façon.
Nous sommes tellement en osmose tous les deux. Tant de choses nous unissent, les plus subtiles sont les plus fortes.

Un jour quelqu'un m'a dit:
"A être si proche, votre couple n'en est pas normal, il en est même presque dangeureux. Vous vous aimez d'un amour si unique, si puissant qu'entre vous les choses s'envolent et parfois s'enflamment très rapidement".

Je vois cet homme qui a croisé un jour mon chemin, qui aujourd'hui court avec ses tripes et son coeur. Il est immensement grand ce coeur mais l'Amour que nous nous portons n'a pas d'échelle ou de mesure.
Je crois qu'il n'existe pas sur cette Terre, deux personnes qui puissent s'aimer autant que lui et moi.

Dans les moments les plus dures, de discordes et de fatigue, nous étions malgré tout la main dans celle de l'autre.

Dix mille kilomètres, 9 mois et 14 pays de télépathie. Il suffisait d'un seul sourire, un seul regard, une seule larme qui épargnait de longs discours, de réponses verbales.

Parcourir la Terre entière à deux, bien sûr que c'est possible, bien sûr qu'on le fera mais partager et parcourir nos vies l'un à côté de l'autre sera le plus beau et le plus difficile. Bien plus qu'un Tour du Monde.

Nous sommes déjà arrivé à Huescar. Une fois de plus,nous nous faisons avoir. Il est 14h30 et les boutiques ont fermé il y a 1/2 heure, elles ne rouvriront qu'à 17h30.
Ne restant plus que 10 bornes pour planter notre tente, nous nous installons discrètement sur la place du village et dormons sur un banc.
Dormir, c'était sans compter sur Monsieur Casse-pied, saoul comme un polonais, vêtu de guenilles puantes, mocassins trop grands d'au moins quatre tailles. Un pauvre monsieur pauvre sans doute.
Nous n'aurions pas été en Espagne, il nous aurait été difficile de savoir quelle langue il parlait.
A mon grand étonnement, Sylvain me dit qu'il nous parle des bâtons de randonnée inutiles en cette saison puisqu'il ne neige pas?????

-"Mais tu comprends l'espagnol toi maintenant?
-Non, me dit-il souriant, mais que crois-tu, j'ai fait mec bourré troisième langue moi !"
Ceci explique donc cela.

Il est 17h30, Sylvain fait nos emplètes tandis qu'un vieux monsieur de 80 ans s'assoit tranquillement sur notre banc pour me protéger, me dit-il !
"Votre mari est au magasin et vous êtes seule avec cette homme saoul qui vous fatigue."
L'homme ivre s'approche, risque à monter sur le vélo et de le faire tomber. Je le rattrape tandis que mon bodyguard brandit sa canne comme une épée, bouscule drinkman et lui vocifère de partir très loin autrement il risque gros.

Je ris tendrement dans mes moustaches, le vieille homme me rassure qu'il restera jusqu'au retour de mon mari. Je suis sauvée. lol

Le jour se couche, nous avons trouvé dix bornes plus loin un site exceptionnel où planter la tente à l'abris des regards.

 

Jeudi 13 septembre:

La nuit n'a pas été très reposante. Il a fait très froid, sans doute proche des 0 degrès et nos duvets semblaient un peu justes. C'est le souci dans ces zones désertiques. Il y a de très grosses variations de températures entre le jour et la nuit.
Ca nous a rappelé quelques souvenirs finlandais. De plus, un animal n'a pas cesser de tourner autour de la tente poussant des cris assez strident.
Heureusement, par précaution, nous avions sagement conditionné la nourriture de façon hermétique dans la tente.

Le petit matin se présente et nous nous réveillons dans un décor splendide. C'est sans doute l'une des dernière fois du périple que nous rangeons notre matériel et savourons ces instants dans le silence des montagnes désertes.

Nous prendrons ensuite la route après avoir réparé la chambre à air qui compte déjà 6 rustines. Elle pourra bientôt nous servir de passoire pour faire les pâtes!

La route descend en faux plat, je n'aurai pas besoin de pousser cette fois. Je me contente de courir dans l'immensité de ce paysage extraordinaire et je me sens libre. J'ai presque la sensation de voler tellement il y a d'espace. Nous avons quitté le désert blanc il y a sept mois pour relier cet autre désert et ce sont des lieux où je me sens bien. je n'ai besoin de rien, juste de l'air que je respire à plein poumon au rythme de ma course. Une parfaite synchronisation de mes mouvements et un rêve qui grandi chaque jour au fur et à mesure que je m'y approche. Bientôt, je le toucherai.... et un autre jaillira...

Rêver, c'est vivre... Et il y a longtemps que j'ai décidé de vivre à plein tube loin de toutes les critiques, les jaloux et tout ceux qui crachent sur les rêves des autres car ils n'ont jamais osé croire en rien. Il y a d'autre gens comme nous qui croyons que tout est possible et qu'il suffit juste d'un peu d'audace, de courage, de persévérence, de motivation et d'amour dans le coeur pour que tout devienne limpide.

J'ai longtemps rêvé et les gens raisonnables m'ont souvent répété d'arrêter, qu'il fallait avoir les pieds sur terre mais j'ai continué et je suis fier d'avoir les pieds sur Terre ...et la tête dans les étoiles...

Nous sommes aujourd'hui à quelques kilomètres de Gibraltar. Et demain.............................................!

Il n'y a qu'en vivant une aventure comme la nôtre que l'on peut saisir tout le sens de ces mots mais une étincelle brille dans chaque individu et chacun d'eux a le pouvoir de tout changer et de décider de son propre avenir.

Voilà ce que mon coeur me dit alors que je m'envole vers Baza. Il n'y a pas d'arc-en-ciel aujourd'hui mais il est dans ma tête.

Nous arriverons vers 15 h 30 au centre de secours. Laëtitia n'est pas trop dans son assiette. Le coca qu'elle a bu a du mal à passer mais nous serons rapidement pris en charge par les pompiers de Baza.
Il ne sont que deux par jour dans cette immense caserne et notre présence les rend heureux. Après avoir mangé tout ce qu'ils nous avaient préparé, nous allions nous reposer avant de partir vers 18 h pour la féria qui a lieu dans la ville. Nous ne pouvions refuser même si la perspective de la Corrida ne nous enchante guère.
Inès, l'informaticienne de la caserne viendra nous chercher afin de nous y emmener. Elle vit dans une maison troglodyte, c'est à dire taillé dans le rocher comme une caverne. Il y a énormément de ce style d'habitation ici et la soirée se finira en visitant sa maison assez extraordinaire, une "Cueva".

Vendredi 14 septembre

45 kilomètres auront été parcourus en plus de 9heures!!!!!

Très fatiguées de la veille Sylvain me laisse domir jusqu'à 9h00 manquant ainsi le rendez-vous dans les locaux de la station de radio de la ville.
Savoir faire des choix.

Nous faisons le plein de boissons. Les heures suivantes auront raison de l'excès de poids causé par les 15 litres. Mais que m'est-il donc passé par la tête dans cette boutique?
Prêt à prendre le départ, et non! Creuvaison de la roue avant du vélo. On répart mais le frein arrière appuye sur la jante provocant un crissement à chaque tour de roue. Le chef de centre bien callé en mécanique vélo s'en charge. Il est 11h et nous partons.

On empruntera le chemin de service qui longe l'autoroute de Baza à Guadix.
Un enfer de cailloux, sable, boue et montagnes russes sous les rires et la bonne humeur des coureurs de rêves.
C'était vraiment un sentier de m... mais nous avions tellement bien récupéré (heureusement!) que Sylvain n'a presque pas poussé sauf dans les pentes à 17%

Bien récupéré, oui mais les 19h passés, nous n'appercevons toujours pas la ville. Nous continuons sur notre chemin de service mais n'avons plus de regard sur l'autoroute qui nous mène normalement directement à la caserne. On s'enfonce à l'intérieur des terres, un véritable parcours de 4X4 se déroule sous nos pieds, les arbres se font plus rares, on va pouvoir apercevoir notre autoroute.

Et en effet, on la voit. Mais pas de la façon dont on l'espérait, à 200 mètres plus bas, au pied de la falaise où nous sommes à son sommet, Oups!
Imaginez la scène, Sylvain vociférant et moi me grattant la tête cherchant immédiatement une solution.
Au moins de là-haut, on y voit la ville, à 5 km et même la tour de séchage de notre caserne.

Comme à chaque fois, on s'interdit de revenir en arrière, notre devise, toujours allez en avant. Mais en avant, où? Nous sommes au bord d'une falaise!
Alors, tandis que Sylvain cherche quelquepart un sentier, je sors le camescope et m'émerveille du spectacle gigantesque qui s'offre à nous. Nous nous sommes paumés mais au moins dans un bel endroit.
Un canyon se progète devant nous et les montagnes de la Sierra Navada en arrière plan. Splendide...

Le chemin est trouvé, il nous faut presque plonger à pique dans ce canyon par un chemin qui fera voler la remorque, le vélo et moi-même dans tous les sens. Un truc de barzingues descendu à une allure de dégénéré pour Sylvain et comme une vrai grand mère pour moi les pieds au sol, semelles à en prendre feu, pour freiner davantage le barda.

Je vous passe les, et elle est où la caserne madame. Nous arrivons donc à destination vers 20h30. Et il s'est avéré que nous sommes passés par un des endroits les plus beaux de la région en faisant cette descente de folie. Nous y avons même traversé une agglomération de maisons troglodites habitées par les gitans, un régal pour nos yeux!

La réparation du vélo, la douche, la machine à laver, les comptes rendus, les appels téléphoniques (qui font du bien!!!), le repas et les lits.

Il est 1heure du matin, nous pouvons nous endormir.

Merci aux pompiers de Guadix, vous avez assurés!

Samedi 15 septembre

-"Ce soir mon Ange, nous serons à Granada, c'est super n'est-ce pas?
- En effet, n'oublis tout de même pas que nous avons un col à 1400 mètres à franchir, mon p'tit loup!"

C'était dure mais c'était bon. Une très belle journée s'est déroulé, nous savourons ces derniers beaux paysages de Cap Nord Gibraltar.
Dans quelques jours, c'est la fin d'un de nos rêves et le début pour tous les autres de notre vie
Sylvain a pris beaucoup de plaisir à courir dans cette montagne et moi j'en ai eu à le voir heureux.

Nous sommes arrivés tranquillement mais sûrement dans cette grande ville de Granada.
Les pompiers nous attendaient le frigo plein de victuailles et boissons fraîche, la bonne humeur de chacun, le respect à Sylvain "pour son bel exploit" et le bruit de la corne de brume qui hurlait à tout va dans l'enceinte de la caserne pour supporter et marquer notre arrivée.

Les espagnoles nous ont apportés une joie de vivre incomensurable, des accueils à faire palir nombre de nos hotes ultérieurs et une simplicité qui a rendu à chacun de nos passages en caserne des moments de détentes inoubliables.

Nos deux jours de repos à la caserne Nord de Granada n'échappera pas à la règle et c'est dans ces mêmes conditions que nous pensons à vous tous qui nous témoignaient votre soutien jour aprés jour.

A très bientôt les amis,

Sylvain et Laetitia
Dreams Runners

Du 05 au 10 septembre 2007
 

5 septembre

Bonjour les amis,

Tout est prêt, nous pouvons reprendre la route. On nous demande simplement de nous rendre au bureau de l'officier chargé des relations externes avant de partir .

Pendant que Sylvain se charge de rencontrer l'officier, on me demande d'intervenir dans une salle de réunion où sont rassemblés les personnels de garde. Présentation du projet et question-réponse dureront 20 minutes, tout en espagnol, je me suis accrochée à mes baskets!

Je retrouve Sylvain qui semble étrangement soucieux. En effet, il ne s'agissait pas d'une simple entretien de courtoisie puisque quelques instants plus tôt on lui demandait de présenter nos passeports et carte professionnel de sapeurs pompiers.
Ne possédant pas cette dernière, les choses perdurent. On nous fait passer de bureaux en bureaux, demande confirmation sur la ville où travaille Sylvain, de préciser son grade voir d'envoyer un fax de France pour clarifier les choses.

Nous sommes quelques peu perplexes supposant qu'ils puissent mettre en doute nos motivations.

Il est 13h30 et nous ne sommes que sur le point de partir. Un courrier a été rédigé en espagnol et faxé aux casernes que nous sollicitons sur notre route. Toutes ces formalités ont pris énormément de temps mais nous seront semblablement très utiles.

Il s'agissait finalement de formaliser, simplifier et organiser nos passages de caserne en caserne. J'ai beau comprendre l'espagnol, je ne suis pas très à l'aise quant à la subtilité de certaines expressions qui parfois me font comprendre des choses très différentes de la réalité.

En ce début d'année scolaire les amis, je vous invite sincèrement à aimer apprendre les langues étrangères, passionnez-vous pour la langue, vous vous passionnerez de vos pays voisins!

"Primera a la derecha y ademas a la izquierda y estaran a la salida de Valencia"

Nous pensions qu'il avait compris que nous ne possédions pas de voiture.
Pourtant, il semble que l'unique option pour sortir de la ville soit d'emprunter une fois de plus l'autovia qui n'est autre qu'une autoroute où les vélos et piétons sont autorisés. Mais aucune installation n'y est prévue.

Nous nous retrouvons parmi les 35 tonnes et flux intenses de voitures rapides, trop rapides! Il nous faut quitter absolument ce lieu, s'en est oppressant et la panique me gagne lorsqu'il nous faut emprunter une bretelle de sortie qui avère être une entrée également.

Prise au piège sur le zébra qui fait moins d'un mètre de large et les camions qui me frôlent de part et d'autre, c'est un cauchemar qui rend blême le visage de Sylvain qui, lui, a réussi à passer de l'autre côté.
Avec beaucoup de patience et de maîtrise de soi, nous nous enfuirons dès que possible de là et jureront de ne plus jamais emprunter ces routes.

La route, cette fois nationale, qui nous mènera à Alzira, nous fera entrevoir les paysages de plus en plus arides que nous trouveront en Andalousie.
56 kilomètres auront été courus, transpirés et comptés jusqu'à la caserne où nous espérons une accueil chaleureux tant la route a été longue et épuisante.

Comme quoi penser positif est de bonne augure puisque les pompiers nous attendaient les bras ouverts, souriants, parlant même très bien français pour certains d'entre eux. Merci à vous tous, vous valez de l'or!

6 septembre:

Nous faisons ce matin la connaissance d'un homme qui avèrera par la suite être un Mariusz n°2 (tu resteras pour longtemps notre n°1, Mariusz!).
Je vous présente donc Antonio, ou en réalité Antoine, bombero à Alzira et né à Montélimar.
Il a vécu durant 14 ans en France et parle donc un français excellent, presque comme un dunkerquois! ;-)))

Nous prendrons le petit déjeuner ensemble pendant lequel il nous invitera à la fête des fayas en mars. Il prendra également note de toutes les villes qui se trouvent sur notre chemin afin de tout organiser.

Après réparation d'une énième crevaison constatée avant notre départ, nous finissons par reprendre la route pour Ontinyent. Ils nous attendent déjà car le chef de centre était présent hier soir à notre arrivée à Alzira.

Mais la route sera extrêmement difficile car nous devrons emprunter un itinéraire vélo qui n'est autre qu'un ancien col fermé pour les voitures car un tunnel a été creusé dans la montagne pour y faire passer l'autoroute.

Ce sont 3 côtes à 25 pour cent de pente sur 200 mètres chacune que nous devrons franchir. Il nous faudra un effort intense et sans relâche afin de parvenir à monter les 70 kilos du vélo et du matériel au sommet de chacune d'elle. Sans quoi, nous aurions vu dévaler le vélo!
C'est donc les mollets tétanisés que nous devrons effectuer les 12 km restants.

Les pompiers d'Ontinyent viendront nous rejoindre sur la route avec la télé locale qui nous filmera jusqu'à notre arrivée au centre de secours. Après une interview en parfait espagnol de Laëtitia, nous avons pu enfin nous reposer d'une dure journée.

Nous avons également dîné avec l'équipe de garde qui nous avait prévu largement de quoi tenir deux jours! Viva Espana!

7 septembre:

Après quelques discussions sur la route à prendre, les pompiers nous indique une petite route de campagne tranquille qui nous fera gagner en plus 2 km.

Nous empruntons donc cette petite route mais le dénivelé est assez difficile à avaler pour Laëtitia qui n'a pas récupérée des efforts de la veille.
Les premiers kilomètres sont laborieux et nous aurons très peu d'occasion de nous ravitailler car seuls deux village se situent sur notre route avant notre arrivée à Yecla.

Nous nous arrêtons dans le premier des deux mais la seule superette du village n'ouvre que le jeudi et le dimanche. Nous sommes vendredi...
Nous finirons donc dans une boulangerie à manger du pain sec.

Nous reprenons ensuite notre route dans le désert qui ressemble étrangement à l'Ouest américain avec ces blocs de pierre sortis d'on ne sait où.

Après une vingtaine de kilomètres, nous rencontrons un établissement pénitentiaire planté en plein milieu de nulle-part. Une vraie forteresse.
Nous arrivons ensuite dans le second village de la journée et je me prends une gamelle mémorable en trébuchant sur une bordure pas très régulière. Mais rien de cassé.

Malheureusement, c'est un jour férié pour le village et tout est fermé. Nous continuerons donc pour les 18 km qui restent.
Si seulement il ne restait que 18 km... En effet, comme de nombreuses fois, la caserne se trouve à la sortie de la ville et nous rajouterons donc 5 km à cette étape qui comptabilisera donc 58 km.

C'est très fatigué que nous arriverons enfin à destination mais l'accueil que nous aurons l'estompera un peu. Les caméras de la télévision espagnoles feront un sacré reportage à notre sujet.

8 septembre:

Le centre de secours le plus proche se trouve à 62 km mais nous écarte de 12 km de notre route. Les pompiers de Cieza, ville de notre arrivée ce soir viendront donc nous chercher avec une camionnette à l'intersection des deux routes et nous redéposeront au même endroit le lendemain.

C'est très sympa de leur part car cet écart nous aurait fait faire un détour total de 24 km et perdre une demi-journée.L'étape d'aujourd'hui fera donc 50 km.
Nous repartons donc de Yecla par un chemin en direction de Jumilla!

Cette ville, située à 25 km de Yecla a un centre de secours tout neuf et suite à nos problèmes de ravitaillement de la veille, les pompiers tiennent à ce que nous nous arrêtions au midi afin de partager le repas avec eux.

Après avoir traversé le paysage de "La famille Hingals" avec beaucoup de plaisir (des champs de céréales, des vignes, des oliviers, des pêchers, des pâtures où pètrent les chèvres noires, et cette brise légère qui nous rend supportable les 40°C) nous arrivons dans les temps pour partager le repas de communion que les 3 pompiers avaient déjà préparés.

Ambiance très silencieuse dans ce lieu qui date de 4 mois où seulement 3 personnes travaillent. Je dirais même trop silencieuses, nous échangeons quelques mots mais la vie à trois semble toucher le moral de ces jeunes hommes attendant un feu ou un accident au milieu de nulle part.

Ce lieu est si paisible que nous nous laissons à une petite sieste avant de repartir. Une heure se passe et nous disons au revoir à nos hôtes qui nous ont fort bien cajolés.

Il ne reste plus que 24 km pour rejoindre le véhicule de pompiers au carrefour de "Venta del Olivo".

Finalement nous n'y arrivons qu'au bout de 30 km, la carte routière manquant de précisions.

De plus la route est fort mauvaise, les voitures roulent à plus de 130 km/h sur cette nationale rectiligne.

Les mouches aussi nous mènent la vie dure. Non seulement notre fragrance de morse les attirent mais en plus elles sont d'ordinaire très nombreuses dans cette région. Elles en sont aussi dangereuses car nous font faire des écarts du à l'énervement de leurs rondes autour de nos têtes.

La chaleur, la peau moite et sale accumulé â l'effort dans les côtes très nombreuses et ces bestioles qui tentent par tous les moyens de immiscer dans nos narines, oreilles, yeux, bouche, nous rendent FOUS!

Le pompier chargé de nous retrouver aura attendu près de 2h00 sur un carrefour désert, merci et pardon!

9 septembre:

Pour ne pas changer nos bonnes habitudes, ce matin au réveil, nous réparons une belle crevaison qui a sacrément entamée le pneu causé par les débris de pneu des camions qui ont explosé.

Nous chargeons le vélo dans le van et prenons la direction de ce carrefour au milieu du désert. Comme des prisonniers largués au milieu du néant, nous reprenons notre labeur.

Je suis comme on dit dans le langage cycliste littéralement "collée" pour ce début d'étape. Ca a beau grimpé, je n'y arrive pas avec la même intensité que d'habitude et peine, il faut le dire. Ce matin, j'avais besoin de baume au moral sachant que je suis ces derniers temps dans la difficulté, alors merci Pa' et merci Man', ça m'a drôlement aidé quand il a fallu franchir ce col qui n'en finissait plus.

Les mouches aussi vont finir par nous tuer et je pèse mes mots. Je disais hier qu'elles nous rendaient folles, ce que j'ai oublié de vous dire c'est qu'elles nous font faire de grands et brusques écarts sur une routes où les plus de 35 tonnes n'en finissent pas de nous frôler.

Et puis comme un miracle, nous apercevront déjà notre ville, Caravaca.

Ca nous était presque sorti de l'esprit que l'étape d'aujourd'hui ne faisait que 44 km (sans compter comme toujours les 3-4 km de grimpettes à travers la ville pour atteindre la caserne).

Nous sommes cette fois, tous les deux totalement exténués. On s'écroule sur les sièges, engloutissons d'une traite chacun notre bouteille d'eau et nos bomberos adorés seront pour nous des anges, tout simplement.

Je déciderais d'un jour de repos afin de vous envoyer des nouvelles (notre ordinateur a rendu l'âme quant à la connexion wifi, il en aura traversé lui aussi des épreuves!) et de préparer nos prochaines étapes en autonomie car la montagne est si déserte que la prochaine caserne de pompiers se trouvent à 130 km de là où nous sommes.

Seul deux petit villages soit 10 maisons et un bar rencontreront notre chemin.

10 septembre:

Manuel au bon coeur, c'est comme ça que l'on devrait l'appeler. Car ce pompiers de 31 ans, si charmant soit-il, célibataire vit dans un appartement énorme.

Il ira dormir une nuit chez ses parents habitant à une vingtaine de kilomètres pour nous permettre un repos complet dans l'intimité.
Chapeau bas monsieur pour votre galanterie et merci.

Mais vers 11h du matin Manuel appellera ravi car la chaîne de télévision n°7 de la région de Murcia veut absolument faire un reportage sur notre course.
Il nous faut donc refiler les baskets et enfourcher le vélo de nouveau pour 3 kilomètres de montages de films en prêt de 2h00.
Le repos est important, c'est pourquoi, à peine les journalistes partis, que Manuel nous ramène chez lui pour continuer notre cure de sommeil et d'NRJ.

Demain, une période rude, chaude mais pluvieuse ainsi que 2 cols nous attendent.
Nous vous disons à dans 3-4 jours, merci de votre fidélité!

Sylvain et Laetitia

Vos Coureurs de Rêves qui n'en finiront pas de rêver...




04 septembre 2007
 
Notre désir ayant été exaucé, nous nous levions vers midi pour prendre notre petit déjeuner et entamé un jour de repos sur le sol valençois.
Deux heures et demi plus tard nous mangions assis autour d'un plat de 1mètre50 de diamètre la paëlla qui livrait déjà ses saveurs pendant à notre réveil.

Quel bonheur, tous ces pompiers joyeux et bruyants qui tentaient de nous livrer en un repas toutes les merveilles et richesses de leur cité!
Le riz de cette paëlla aux fruits de mer venait du lac même d'Albufera de Valencia, elle ne pouvait donc qu'être tout simplement exquise.
D'après ce que j'ai compris de leur explication, ce riz est parmi les meilleurs d'Espagne (comment cela pourrait-il en être autrement lol).
Les champs entourent le lac qui a la particularité d'être rempli d'eau "douce" et "pure". C'est cela qui lui donne son goût si particulier.
Malheureusement Sylvain et moi seront plus subtiles sur la finesse d'une bonne bière flamande que sur "el Arroz de Valencia".

Cette après midi, Sylvain continuera de recharger ses batteries par une bonne sieste de 3 heures tandis que je vous ferais parvenir photos et vidéos illustrant l'Espagne du début.

Les pompiers viendront d'ailleurs me voir à tour de rôle dans le bureau pour acheter quelques dizaines de kilomètres pour les enfants. C'était charmant.

Merci Valencia!

Sylvain et Laetitia, sur la route de Gibraltar

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Le col du Perthus
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Corniche de Barcelone

03 septembre 2007
 
Bonjour,

Nous quittons ce matin la ville de Nules où la nouvelle garde du matin n'a pas l'air d'être levée du bon pied.
Comme à chaque fois, j'essaie de nouer contact avec ces nouvelles personnes. A mon grand étonnement, je me heurterais à des réponses courtes et tranchantes comme par exemple: "Ne m'expliquez pas ce que vous faites, cela ne intéresse pas" .

Le problème c'est qu'ils s'adressent, à moi,Laetitia, petite bonne femme à fleur de peau et ce n'est pas pour me ravir. Je me retire dans un coin et pleure, vexée et blessée.
Nous parlons de plus en plus Sylvain et moi DU sujet, l'Italie!

On se demande si malgré tout, nous n'avons pas été victimes d'un gros coup de malchance. On peut rencontrer des gens biens et cons, n'importe où, et même en Finlande et en Pologne. Seulement les gens bons nous ont tellement marqué que l'on a presque occulté ceux qui nous avaient été indifférents et d'autres manqués de respect, et oui en Pologne et Finlande.

Nous avons pu discuter avec Maryus, hier soir sur skype, ce petit bonhomme nous a tant apporté de moments merveilleux dans son pays que l'on a même pu, peut-être, l' idéaliser.
Nous avons rencontrer plusieurs personnes en Italie qui nous ont tendu la main ou tout simplement fait partager un moment de leur existence. Malheureusement, cela a été noirci par ce que vous savez déjà, et n'avons peut-être pas été suffisamment reconnaissants et objectifs.
C'est le côté à la fois positif et négatif d'un journal de bord écrit au jour le jour.
Je voulais vous en parler!

Finalement, le rendez-vous est pris à la caserne de Valence et prenons notre route en main.
Aujourd'hui, besoin profond de parler à deux,se questionner, échanger, se souvenir, rire de mes bêtises si nombreuses qui ont jalonnés les routes du Cap Nord et qui ne s'arrêteront sans doute pas à Gibraltar, pauvre Sylvain!

Sagunto, nous ne verrons qu'en te quittant que tu étais ville fortifiée, érigée sur ton rocher. Sylvain s'y arrêtera une heure pour boire, boire et surboire jusqu'à en avoir le ventre rond.
La chaleur, sèche et à d'autre moment de la journée humide, nous ferait presque boire les 24 heures de la journée.
E c'est en suivant bien gentiment notre carte routière que nous entrons sans s'y attendre sur une autopista (autoroute). Rien, ni la carte ni la signalisation ne nous en prévenait.
Un camion déboule de notre gauche nous faisant virer à droite au même moment où nous rejoignons une entrée d'une autre autoroute sur cette même autoroute. 35 tonnes en file indienne, un cauchemar de 200 mètres.
Heureusement que nos mères n'étaient pas là pour voir çà!! ;-)

Nous trouvons finalement une voie de service autoroutier longeant cette route de la mort qui jalonne les domaines énormes de plantations d'oranger.
C'était sans compté sur les rats immondes et envahissants que nous retrouvions très nombreux fraîchement écrasés par les bolides espagnoles.

La route se fait de plus en plus importante de trafic, rond point à la chaîne et, comme si nous avions oublié qu'elles existaient, une piste cyclable s'offre à nous et nous conduira bien gentiment jusqu'au Parque de Bomberos de Valencia!
"Holà, qué tal, venga, agua, cama, cena, guapa, fuerte,loco pero bravo!"
A vos dico!

Un accueil détonnant, excitant, joyeux, chaleureux et bienveillant, nous ouvrira les bras à peine avions nous mis pied sur le seuil del parque (de la caserne).
Buenas Noches!


02 septembre 2007
 
Nous nous réveillons tranquillement ce matin. Notre étape se fera presque entièrement sur le bord de mer.
C'est un peu les vacances ce genre d'étape. C'est beaucoup plus agréable que les bords de la nationale.

Tout se passera bien et sans soucis particulier.
Il a fait 35 degrès mais l'air est beaucoup plus sec que dans le nord du pays donc nous n'avons aucun mal à le supporter.

Nous sommes arrivé vers 17 h dans une très grande caserne. nous sommes un peu arrivé au mauvais moment car toute la caserne est partie en intervention au même instant. Nous nous sommes donc retrouvés seuls pendant 1 h . Mais on a pas perdu de temps et après avoir pris la douche, nous les avons attendu tranquillement.

Demain, nous arriverons à Valence où nous allons probablement prendre un jour de repos.

Nous sommes ce soir à 760 km de Gibraltar.


Sylvain et Laëtitia
Dreams Runners

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La digue de Salou

01 septembre 2007
 

Nous repartirons donc pour 51 km jusqu'à Orpesa de Mar.
Tout au long de notre étape, nous croiserons plusieurs fois les motards de la police qui effectuaient des contrôles de vitesse sur la route à différents endroits. C'est assez comique car au fur et à mesure de nos rencontres, ils étaient de plus en plus étonnés et ils ont fini par nous encourager activement. C'était sympa.

C'est en fin d'après-midi que nous arrivions à destination. la première surprise fut de constater que personne n'était au courant alors que trois coup de téléphone avait été passé.

Dans un premier temps, ils nous demandent de rejoindre Castillon à 20 km. Après 51 km, j'ai plus trop envie de pousser.
Ils nous disent alors de prendre le train!
Ben voyons! Et l'avion tant que t'y es!

Finalement, tout ira pour le mieux et nous serons logés tranquillement. Ils préviendront également Nules où nous devons nous rendre demain.